Sinn (03/06/10)
Interview de Ben, chanteur et guitariste de Sinn (prononcez Chinn)

Mieux vaut tard que jamais ; interview prévue le jour du concert mais difficilement possible, mais bon, ça y est, c'est fait. Une interview faite au téléphone, avec les moyens du bord, tant bien que mal, y'a plus qu'à écrire quelque chose de beau.
Sinn ou plus clairement dit Do It YourSelf
PYHC : Quel regard as-tu sur la date du 23 avril dernier ?Ben : Sinn a joué dans des conditions bien moins bonnes, devant moins de public, sur la région parisienne, dont nous sommes issus ; les conditions ne sont pas meilleures, excepté pour de grosses dates et avec de grosses têtes d'affiche ; qui plus est, les concerts, même avec des groupes qui ne demandent qu'à être connus, les places sont de plus en plus chères. Mais pour ce qui est de Champigny sur Yonne, nous sommes satisfaits, nous avons été bien reçu.
PYHC: Ce sont nos balbutiements dans l'organisation de concerts-métal dans l'Yonne ; il faut le temps de créer un noyau dur de fans, de nerveux dans la fosse, pour que ça bouge un peu plus devant la scène ; ceci se fera avec l'affluence de concerts dans l'avenir et l'affluence des fans à nos dates.
PYHC: Comment s'est formé Sinn ?
Ben : Je jouais déjà dans un groupe appelé “Exhauster”, en 1998, suite à une rencontre avec Olivier, batteur actuel du groupe, à qui j'ai proposé de former un groupe avec moi. Olivier que l'on retrouvera derrière les fûts du nouveau projet d'anciens membres de The Old Dead Tree. S'en est suivi une recherche active de chanteurs, de musiciens, plus ou moins satisfaisantes, qui nous a amenés à souvent jouer à deux sur scène. C'est vers 2003 que Vinz nous rejoindra et que Sinn aura la formation actuelle.
PYHC : J'ai survolé les paroles de “Suspension” ; n'étant pas très fort en anglais, j'ai cru remarquer que votre discours n'était pas très positif ?
Ben : Effectivement, la période d'écriture ayant été plutôt sombre, l'écriture dont je m'occupe s'en ressent. The Fall, par exemple m'a été inspirée par le 11 septembre, ce titre parle des gens qui croient en quelque chose et qui de ce fait sont capables d'aller jusqu'au bout de leur croyance, je ne parle pas de ce jour particulièrement, mais ai voulu généraliser. Je résumerais ce titre par “Saigne pour tes croyances”, “Meurt pour être libre” (ndbeussé : slogan que l'on retrouve (en anglais) sur leur t-shirt)
PYHC : Pourrait t'on faire un résumé des titres de l'album qui te semble les plus forts ?
Ben : “Back to the source”, traite de l'inhumanité de la race humaine.
PYHC : Tout un programme ! (rires)
Ben : “YCAGD”, “Your Children Are Gonna Die”, parle de l'exploitation infantile à travers le monde ; malgré tout, Sinn n'est pas un groupe engagé et n'a pas non plus d'influences autant politiques, idéologiques ou religieuses ; nous traitons d'un sujet sur un morceau, alors que le suivant peut tout à fait traiter de son contraire, nous ne voulons pas être considérés autrement que comme un groupe de métal, qui écrit selon le sentiment du moment et joue par plaisir.
PYHC : Et ce plaisir est transmis, autant par l'intensité de vos compositions que par le plaisir et l'énergie que vous dégagez sur scène, les retours que j'ai eu de votre show n'ont été que positifs.
PYHC : Un titre intense qui m'a beaucoup marqué par sa composition, sa sonorité et sa provenance est “The King's Ancient Flaw”
Ben : Ce titre comme il est cité sur “Suspension” est tiré d'une lettre qu'a écrite Jorge Cordova juste avant d'être exécuté par injection au Texas ; rien que la situation est émotionnellement saisissante. Nous avons demandé l'autorisation à une association canadienne qui en détenait les droits, afin de pouvoir utiliser les textes de Jorge Cordova, mais pas dans un but de dénoncer ou de soutenir, mais simplement dans le but d'utiliser, mêlée à notre musique, l'intensité émise par ce texte.
PYHC : l'ambiance musicale et les textes parlés sont d'une intensité non mesurable, simplement superbe !!!!
PYHC : Que signifie Sinn?
Ben: Sinn est un mot Gaélique, sans aucune connotation sombre pour une fois, qui signifie nous nous même, (DIY : Do It Yourself, en langage Punk). Le SINN FEIN est un parti politique nationaliste et républicain irlandais né au début du 20ème siècle et qui prônait une résistance passive face à l'occupant anglais. Par la suite, le mouvement sera souvent associé à l'IRA (sa branche armée) qui ensanglantera l'Irlande. Aujourd'hui le SINN FEIN semble avoir renoncé à la force armée et privilégie les négociations.
PYHC : Est ce difficile de trouver des dates ?
Ben : Le peu de dates pour Sinn est très simple, déjà oui, il est très difficile de trouver des dates à un groupe émergent, vu la quantité de groupes de métal qui naissent ici et la et qui meurent aussi vite pour la plupart. Mais nous avons voulu nous concentrer sur notre prochain album, d'où sont déjà issus 4 titres et au bout d'un moment, jouer en live c'est un peu comme une drogue à accoutumance, cela nous manquait, mais une fois sortis des recherches de dates, il est très difficile de pendre le train en marche il faut l'avouer. S'ajoute à ça les dates qui s'annulent et la difficulté de mettre en place une logistique importante que rencontre les petits groupes pour se déplacer loin.
PYHC : Que peut on attendre de Sinn pour l'avenir?
Ben : Et bien un nouvel album qui j'espère sortira au premier semestre 2011 et qui sera, dirais-je, une suite logique à “Suspension”, à la différence près qu il sera plus mélancolique, moins sombre, peut être plus positif ; nous sommes un groupe exigeant ; preuve en est que “Suspension” a mis deux ans à sortir, entre les imperfections que nous désirions corriger et l'ajout au dernier moment du clip “The One That No One Sees” .....
PYHC : On attend donc tous la suite de “Suspension” et peut être une autre venue de Sinn, longue vie à Sinn.











